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Dossier des cahiers pédagogiques : l’autorité et les surveillants

samedi 27 octobre 2018, par Stéphane GOUDET

L’autorité et les surveillants

Par Stéphane Auger

Il s’agit pour les personnels de surveillance, aujourd’hui plus qu’hier, de remplir leur mission. Quelle est-elle ? Connaissent-ils des difficultés ?Comment doit se positionner le CPE par rapport à leur fonction ?

L’autorité : une compétence

Le rôle des surveillants est aujourd’hui plus qu’hier de faire preuve d’autorité, c’est-à-dire d’avoir une véritable mission éducative. Faire preuve d’autorité s’apprend. Tout d’abord parce qu’on ne peut plus s’appuyer sur l’autorité de statut, pour se faire entendre, et ce d’autant plus en ce qui concerne celui des surveillants qui est resté figé depuis 1937. Alors que le public a radicalement changé, les formes de recrutement, les exigences de l’institution, elles, n’ont pas évolué. Ensuite, parce qu’il nous semble qu’invoquer l’autorité naturelle dans toute fonction éducative est un leurre. L’autorité ne peut se réduire au simple fait de se faire obéir, ou d’avoir un certain charisme. Il n’y a d’autorité qu’autorisée par la loi, et c’est précisément cette loi qui protège les individus contre les abus de pouvoir d’un chef ou d’un leader. Autrement dit, ne peut faire preuve d’autorité que celui à qui l’État a attribué une fonction. Bien entendu, c’est une condition nécessaire, mais non suffisante.

Autorité et respect de l’autre

L’autorité exclut le pouvoir sur l’autre en général. Autrement dit, le pouvoir entendu comme pouvoir sur et non comme pouvoir de faire et d’être, engendre un certain nombre de réactions et de comportements, qui vont à l’encontre des finalités de l’autorité éducative. En premier lieu, le pouvoir engendre le contre-pouvoir, c’est-à-dire les mécanismes de défense des élèves : se révolter, se soumettre, résister ou devenir passifs. En second lieu, l’usage du pouvoir diminue l’influence de l’éducateur : il contraint seulement les élèves à se comporter selon les règles imposées. Enfin, l’usage du pouvoir prive l’adulte d’une relation réelle avec l’élève, où chacun peut apprendre de l’autre. Bref le pouvoir sur l’autre impose, alors que l’autorité, même si elle contraint, respecte l’autre.
Ainsi, l’autorité éducative est liée à la croissance, au développement et non à un interdit ou à une coercition sans finalité. Et c’est bien là tout le sens du mot auctor. L’autorité vise à rendre les élèves autonomes, c’est-à-dire capables de se référer à eux-mêmes et non pas à une autorité extérieure. L’autorité a pour finalité de rendre les élèves responsables de leurs actes, c’est-à-dire capables de prévoir ce qu’ils font et d’assumer ce qu’ils sont.
L’autorité ainsi définie semble bien nécessaire. Et elle l’est lorsque l’on considère les besoins propres de l’adolescent. Ce dernier a besoin de rencontrer des adultes structurants d’abord pour échanger avec eux, être écouté, ensuite pour s’opposer à eux, afin de se construire. Par conséquent, l’autorité de l’éducateur, qui ose dire non tout en donnant la raison de ce non, n’est-elle que le respect dû à l’autre, à cette personne qui a besoin d’affronter la consistance de son environnement pour devenir maître de soi.
Fondamentalement, faire preuve d’autorité, c’est toujours témoigner de ses valeurs, sans chercher à utiliser la force, la ruse ou d’autres mécanismes psycho-affectifs. Mais c’est aussi quelquefois s’efforcer d’influencer l’autre, en lui présentant ses arguments avec conviction et enthousiasme, en lui montrant toutes les conséquences d’une décision ou d’un comportement.
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