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La posture éducative de l’Assistant(e) d’Education : conseils

mercredi 10 octobre 2018, par Stéphane GOUDET

La posture éducative vis à vis de l’adolescent n’est pas toujours évidente à acquérir en toutes circonstances. Voici quelques conseils pour les membres d’une équipe vie scolaire. Ces notions sont abordées lors des formations départementales des Assistants d’Education nouvellement recrutés qui se déroulent tous les ans lors du premier trimestre.

Rôle éducatif des emplois vie scolaire : conseils de positionnement à l’équipe

1. Vous êtes des adultes référents
Vous êtes capables d’imposer aux adolescents votre autorité pour qu’ils obéissent aux règles de conduite fixées par votre établissement.
Votre rôle éducatif est de leur faire comprendre que le respect de ces règles est indispensable pour réussir leur scolarité et pour mieux vivre ensemble (dans l’établissement et dans la société).
Vous devez donc respecter scrupuleusement les règles que vous demandez aux élèves d’appliquer : vous devez donc respecter le Règlement Intérieur vous-même (« Inutile de demander à un élève de cracher son chewing-gum si vous en mâchez un »).
2. Restez professionnels en toute occasion
Gardez votre calme en toutes circonstances : s’énerver ne peut qu’envenimer les choses là où le calme contribue à désamorcer la situation.
N’émettez pas de jugement de valeur sur les élèves (« tu es débile ») : ne jugez que les actes.
Ne vous laissez pas entraîner sur le terrain de l’affectif (« de toute façon tu ne m’aimes pas ») : c’est le registre des élèves mais pas celui des éducateurs.
3. Prenez le temps d’expliquer vos décisions
Vous pourrez ainsi obtenir l’adhésion de l’élève à votre décision. N’hésitez pas, ce faisant, à faire référence au Règlement Intérieur et d’une manière plus générale à la loi pour éviter le sentiment d’arbitraire ou d’injustice.



Une équipe avec des adolescents

1. Vous travaillez en équipe.
Cette équipe doit apparaître soudée aux yeux des élèves et le discours de chacun doit être cohérent sinon ils ne manqueront pas de trouver la faille et de tester vos réactions.
Vous n’êtes pas seul face aux élèves, vous pouvez demander des conseils si vous hésitez sur la conduite à tenir. Il faut parfois se donner un temps de réflexion avant de prendre une décision et se concerter.
Vous êtes face à des adolescents.
Cette période de la vie est marquée par des contradictions entre ce qu’ils veulent, ce qu’ils disent et ce dont ils ont besoin.
Leurs propos sont souvent excessifs. Il faut apprendre à décoder leur conduite et ne pas toujours dramatiser une situation.
Il est important de s’adapter aux élèves (en fonction de leur âge, de leur milieu, de leurs difficultés) dans les rapports que l’on construit avec eux. Une meilleure connaissance de l’élève permet de mieux appréhender ses réactions.
N’oubliez surtout pas que l’adolescent a besoin de repères, qu’il compte sur vous pour lui donner un cadre où les règles sont claires et les décisions sont équitables. En résumé, vous devez trouver le juste équilibre entre écoute et fermeté.

Analysez votre pratique

Déléguer – Isoler – Transférer
Trois facteurs jouent lorsque vous vous retrouvez en situation de conflit :
Le moment
Le lieu
La personne

En jouant sur un ou plusieurs de ces facteurs, il est possible de débloquer l’essentiel des situations auxquelles vous serez confrontés.

1. Le moment : Déléguez dans le temps
Dites à l’élève que vous lui annoncerez votre décision à un autre moment de la journée (à la fin de l’étude) et/ou assortissez là d’une condition (j’en parle au CPE, repasse à la récréation)
Lorsque vous n’êtes pas dans des conditions normales (un élève vous a profondément énervé) : ne prenez pas de décision à chaud.
Lorsque vous ne savez pas quelle décision prendre (cas jamais rencontré auparavant dont vous aimeriez parler aux collègues avant de prendre votre décision)
2. Le lieu : Isolez le problème
Lorsqu’un conflit éclate avec un élève, il est préférable d’éviter les spectateurs. Ils vous placent vous et l’élève dans une position délicate où :
En tant qu’adultes référent, vous ne pouvez pas céder, sous peine de voir votre autorité ébranlée.
L’élève en représentation devant les autres, ne peut sortir de son rôle d’opposant et est entraîné/soutenu implicitement par les autres.
En l’isolant, vous lui permettez de sortir de son rôle et de retrouver un comportement normal, le tout sans perdre la face ou sortir humilié du conflit.
3. La personne : Transférez
Ne restez pas seul face à un problème :
Si vous ne savez pas comment réagir face à un problème, parlez-en aux autres membres de la Vie Scolaire
Si la situation peut devenir trop délicate et que vous la gériez seul. Faites appel à un supérieur hiérarchique pour qu’il intervienne à vos côtés et apporte son poids pour rétablir la situation :
Vous ne perdez pas la face car vous montrez clairement aux élèves qu’ils ont dépassé les bornes au point de faire déplacer par exemple le CPE
En faisant appel à un supérieur hiérarchique et non à un autre collègue, vous vous placez sur un autre niveau d’autorité et donc, évitez de perdre la vôtre.
Note : Evidement, vous ne quittez pas les élèves que vous avez en responsabilité pour aller chercher le CPE. Déléguez cette tache.
Pièges à éviter
Cas 1. S’énerver sur un élève qui arrive lui-même très énervé (il dit des horreurs, tremble…..)
Restez calme, n’ajoutez pas à l’énervement. Essayer de l’installer dans un coin tranquille. Attendre que la « tempête » passe pour aborder le problème. PRENEZ DU RECUL.
Cas 2. Un groupe d’adolescents se montre désagréable, voire turbulent alors que vous l’avez sous votre surveillance (en étude, cour de récréation, self…)
Ne punissez pas collectivement (illégal et, qui plus est, très injuste), mais individuellement en fonction de la faute commise.
Donnez des explications au groupe mais tenter de voir en entretien les principaux agitateurs. (Les élèves se sentent forts en groupe et sont devant un public). Ils ne réagissent donc pas de la même façon.
Cas 3. Une étude pleine, des élèves très excités qui ne veulent pas se calmer.
Ne hurlez pas, ne vous « cachez » pas derrière le bureau. Déplacez-vous sereinement vers les plus agités pour leur demander de se calmer. MAITRISEZ-VOUS.
Cas 4. Un adolescent entre en conflit avec vous. Il recherche l’affrontement.
Il faut garder votre calme et votre sang froid. Ne rentrez pas dans le jeu de l’élève, et prenez du recul. DESAMORCEZ.
Cas 5. Un adolescent vous fait de nombreuses confidences et vous parle comme si vous étiez son meilleur ami.
Confidences sans gravité : Attention, pour préserver des relations adultes/ados, il ne faut pas devenir le « copain ». Cette relation pourra se retourner contre vous dès lors que vous aurez à recadrer cet élève ou à l’inciter à se confier à une autre personne (en cas de confidences graves). Il faut savoir dire STOP lorsque la relation sort du cadre de votre travail.
Confidences graves : Attention, vous n’avez peut-être pas tous les éléments en main. Vous n’êtes ni médecin, ni assistante sociale, ni psychologue. Il faut savoir parler et passer le relais. En voulant bien faire, vous pouvez sans le vouloir, aggraver la situation.
Cas 6. Un élève refuse de vous obéir.
Faites-vous aider. Demandez conseil et réglez le problème ultérieurement.
Attention, pas de domination ou d’humiliation. Autorité ne veut pas dire autoritarisme. La situation ne fera qu’empirer. Même en cas de crise grave, le respect reste essentiel.