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MODE D’EMPLOI EN LYCEE POUR SORTIR DE LA PROCRASTINATION

mardi 7 avril 2020, par moniqueparcinski

Procrastiner c’est remettre à demain, et encore à demain, et toujours à plus tard, des tâches et des activités qui sont planifiées et doivent être réalisées. On est rarement épanoui et satisfait lorsqu’on procrastine, la culpabilité est présente, même si on fait bonne figure... La procrastination est coûteuse pour l’estime de soi. Ainsi, « le petit devoir à faire pour dans 15 jours », devient un énorme boulot », que vous finissez, ou pas, à minuit ou à 2h du matin, le jour de l’échéance…

Mais vous ne procrastinez pas toutes les tâches, ni depuis toujours... La procrastination a des causes multiples qui souvent s’additionnent. Elle peut apparaître avec le manque de cadre temporel : trop de temps libre, avec la fatigue ou l’ennui et lorsque le plaisir de consommer (jeux, séries, chocolat…) prend toute la place. Alors, tout travail devient une servitude. L’absence de motivation empêche de s’y mettre mais aussi cette fâcheuse idée qu’on doit faire parfaitement bien. Eh oui ! Le perfectionnisme conduit à faire trop, ou rien, il peut conduire au burn out.

La procrastination n’est pas une affaire de mauvaise gestion du temps » nous dit Bruno KOELTZ, auteur de ʺComment ne pas tout remettre au lendemainʺ,

L’individu ne reporte pas parce qu’il a dix choses à faire en même temps, ou parce qu’il ne choisit pas les bonnes priorités. Il procrastine pour faire autre chose, de plus plaisant, de plus facile, afin d’éviter la tâche qui lui pèse et qu’il avait pourtant décidé d’accomplir. »

Un procrastinateur passera par exemple plus de temps à organiser son travail, à faire des plannings et des « To Do List », plutôt qu’à faire le travail lui-même… Car le travail est vécu comme : la corvée. Il trouvera toujours le moyen de s’y dérober.

Pour sortir de la procrastination, il faut agir sur d’autres leviers, simples mais efficaces. Il n’y a pas d’ordre à suivre pour les propositions qui suivent, à vous de tester ce qui vous plait, vous pouvez aussi piocher au hasard dans ce mode d’emploi.

EN SORTIR !

1.SE MOTIVER

Devant la « montagne » de devoirs à faire : décomposez le travail en tâches à accomplir. Découpez vos tâches en plus petites actions, réalisables en peu de temps. C’est toujours possible. Chaque devoir, exercice, apprentissage peut se décomposer en de multiples « morceaux » de travail. Interrogez-moi sur Eclat si vous ne trouvez pas, je vous expliquerai comment faire.

Clarifier les actions à réaliser. Mettez des mots sur ce qu’il y a à faire. Donnez-vous ensuite des objectifs précis : à très court terme (dans l’heure), à court terme (la journée), à moyen terme (la semaine) et long terme (le mois).

Se focaliser sur une tâche après l’autre. Apprenez à vous focaliser sur votre travail, à vous extraire de tout le reste, sur un temps court (25’).

Déterminer 2 ou 3 priorités pour la journée. Commencez par les définir, par exemple, un devoir à rendre, ou un exercice important ou un cours à apprendre... Coupez les contacts et éloignez les distractions, pour une période de 25’ exactement (utilisez votre portable, un Timer, un réveil…). Mettez-vous au travail immédiatement, directement, sans vous poser de questions, sans jugement sur ce que vous faites. Même si c’est frustrant, au bout de 25’, faites une mini pause, attention maximum 5’. Utilisez une sonnerie de fin de pause. Et recommencez pour 25’. C’est parfait, vous avez recommencé à travailler, félicitez-vous.

Apprendre à travailler en temps limité. Utilisez des « Timer » amusants

https://www.online-stopwatch.com/classroom-timers/ , coupez le son pour certains…

C’est l’alternance des petites pauses et des 25’ de travail qui vous permettront d’atteindre le sommet de la « montagne » des devoirs. Vous pouvez lire aussi la technique des tomates ou « Technique Pomodoro » :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Technique_Pomodoro

Commencez par imaginer ce que vous feriez précisément, pendant les 5 premières minutes d’un travail à faire.

Trouver vos starters. Inventez vous des rituels pour démarrer. Par exemple, dès que vous avez terminé le petit-déjeuner, un café, un thé, ou juste après avoir fermé votre portable, … vous vous mettez au travail sans plus attendre.

Changer vos habitudes. Mettez en place de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux horaires, un nouveau rythme distraction-travail., Demandez de l’aide à des élèves de la classe avec qui vous ne parlez pas d’habitude, trouvez d’autres routines, rangez, nettoyez, faites de la place autour de vous, « mettez des paillettes » dans votre travail, surlignez en couleur…

Redonner du sens au travail scolaire. Il faut voir au-delà des devoirs, voir très loin ! N’importe quel travail scolaire contribue pour sa petite part à un objectif plus grand qui vous fait rêver : passer en classe supérieure, avoir le bac, après bac, devenir autonome, déménager, faire des études, se réaliser dans un domaine… Il faut faire du lien avec vos envies ! Il n’y a pas de « ça ne sert à rien », chaque matière, chaque exercice, devoir, leçon contribuent à la réussite de votre année scolaire. Elle vous permettra d’aller vers ce qui vous fait rêver, et tout simplement d’avancer. Tout va servir avec sa petite contribution alors : GO ! Jetez-vous dans le travail scolaire, une petite tâche après une petite tâche avec des mini pauses.

2.FAIRE UN PEU PLUTÔT QUE RIEN

Oser commencer un travail juste pour 5&#8217 ;. Oubliez la monstruosité de la tâche que vous repoussez. Engagez-vous à commencer votre travail pour cinq minutes seulement, mettez en route votre Timer. À vous de voir après si vous avez envie d’enchaîner sur un autre moment de 5’. De cinq minutes en cinq minutes, en continu ou en discontinu, vous avancerez. Cette technique, est très efficace, testez-la ! Vous faites quelque chose que vous jugez désagréable mais sur un temps extrêmement court. Vous rehaussez l’estime de vous-même car vous commencez à accomplir une tâche rébarbative ou jugée difficile. “En outre, on se met dedans, ça marche bien, du coup on y trouve du plaisir » B. KOELTZ. Pensez à faire des pauses après 25’ de travail.

Accepter d’être imparfait, de rendre un travail imparfait, décider de faire sans se juger et non pas « essayer de faire ». Penser que « faire » même imparfaitement est mieux que ne rien faire, par exemple, envoyer un plan personnel est mieux que recopier une dissertation sur internet. Affranchissez-vous de tout jugement sur votre travail, du regard de l’autre, de la peur de mal faire, de la crainte de l’évaluation. Un seul mot à retenir : « faire », c’est faire pour soi, même un peu : FAIRE DE SON MIEUX.

Essayer la bienveillance. Arrêtez l’auto critique, mettez de côté vos susceptibilités et relisez les conseils qu’on vous donne, les corrections des devoirs… Car pour vaincre ses difficultés il faut les connaître et les reconnaitre. On apprend de ses erreurs.

Oser demander de l’aide et des conseils, aux enseignants, aux autres élèves, aux personnes qui peuvent aider. Faites lire votre travail, demandez un avis... En un mot, apprenez à parler de votre travail scolaire et pas seulement de vous et vos loisirs.

Ne pas avoir peur de réussir. Car certain.es redoutent le succès, le projecteur qu’il pourrait mettre sur eux, et les attentes élevées qu’il fait naître… Pensez que la réussite est aussi une façon d’apprendre et de s’améliorer.

3. S’organiser autrement

Se débarrasser des “encombrants ;. La méthode ne marche pas toujours, mais ça vaut le coup d’essayer. Attaquez-vous d’abord au travail qui vous déplaît le plus ou à celui qui vous « encombre » la tête. Vous prendrez d’autant plus de plaisir à réaliser ensuite ce que vous aimez faire. Commencez par avaler les crapauds, autrement dit, gardez le meilleur pour la fin.

Se donner ses propres échéances. Se créer ses propres dates limites pour rendre le travail, un jour ou deux avant la date donnée par l’enseignant. C’est une façon de jouer avec votre besoin d’adrénaline. Donnez-vous un défi. Ça marche pour celles et ceux qui aiment travailler sous pression et qui avant la veille de l’échéance n’arrivent à rien.

Garder en mémoire la métaphore de l’éléphant. https://sylstroblcoach.com/2019/10/20/savez-vous-comment-manger-un-elephant-une-bouchee-a-la-fois/ Allez voir… Voici encore, une autre métaphore avec lui : lorsque l’éléphant est loin il est tout petit, comme un devoir « pour dans 15 jours », mais plus on s’approche de l’éléphant, ou de l’échéance, plus il est immense et impressionnant...

N’oubliez pas que la pression est une source d’anxiété. Si elle procure de l’adrénaline pour passer à l’action, travailler la veille pour le lendemain donne un travail superficiel et gène le stockage des informations : votre mémoire de long terme.

Alterner travail-pause-travail. Souvent le rythme du procrastinateur
est « trop » un jour, puis « rien » très longtemps. Lorsque vous vous débarrassez » de votre travail, la veille de l’échéance, avec des heures de travail sans pause, vous vous épuisez. Votre cerveau enregistre : « Plus jamais ça, trop grosse corvée ». En bref, vous vous conditionnez à procrastiner : il faut alterner travail-pause plusieurs fois dans la journée.

Écoutez les signaux qui indiquent que vous allez dériver. Ecoutez votre intuition, vous savez quand vous vous apprêtez à reporter votre travail. Il peut s’agir de ce que vous vous dites : « il faut que ça mûrisse », ou « tu ne vas pas y arriver », ou « c’est trop long, je n’ai pas le temps là... », ou « ça ne sert à rien, trop pénible… » etc. Parfois, c’est une sensation physique, vous vous agacez, vous vous dirigez vers la cuisine ou la télé ou votre portable, parfois c’est un sentiment d’ennui, une envie de dormir... Au moment de reporter une tâche, déclenchez en vous un petit signal d’alerte, stoppez-vous et travailler 5’. Il faut être attentif à vos clignotants, à chaque fois c’est une occasion de récupérer l’affaire, de vous mobiliser !

Prendre un tiers à témoin. Si vous travaillez en équipe, avec d’autres élèves, il y a une émulation, vous arriverez plus facilement à ne pas procrastiner. Aujourd’hui c’est un peu compliqué. Mais si vous vous engagez, vous vous motivez. Alors, communiquez vos objectifs de travail à quelqu’un de bienveillant (!) et demandez-lui qu’il vous rappelle à l’ordre sur une tâche rebutante que vous aurez programmée.

Chasser les distractions. Travaillez loin des distractions (portable, télé, réseaux sociaux, jeux vidéo, frigo…) ou rangez-les, si c’est possible. Pour votre travail, vous avez besoin de votre téléphone, or vous savez que vous ne pourrez pas résister aux notifications diverses : le temps de votre travail, arrêtez-les, coupez le son et le vibreur du portable. Vous travaillez sur votre ordinateur or vous savez qu’une fois sur internet vous allez surfer avec frénésie : “Autodisciplinez-vous grâce à des signaux d’alerte que vous aurez conçus vous-même, qui vous rappelleront à l’ordre”, recommande B. Koeltz. “Associez à ces symboles de procrastination des slogans qui vous aideront à interrompre le processus”, poursuit-il. Mettez des post-it sur votre ordinateur, écrivez vos messages d’alerte et aussi des encouragements !

Se féliciter. On peut être content et fier de soi après avoir accompli une tâche. Même une toute petite tâche, c’est un premier pas, une petite victoire, alors un petit bravo ! Entre deux petites tâches une minuscule pause et entre deux tâches longues ou difficiles, accordez-vous une distraction plus longue, une activité agréable, félicitez-vous !

Monique PARCINSKI JARRET
Conseillère Principale d’Éducation
Lycée Jacques Amyot
3 rue de l’Étang St Vigile
89015 AUXERRE