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Jeunes en rupture (Colloque de l’ANCPE)

Mieux comprendre le phénomène, mieux prendre en charge

mardi 21 juin 2005, par LEBEAU Jean-Guy

Les 18 /19/20 mars 2005 s’est tenu à Dijon le colloque
national organisé par l’ANCPE, association nationale des conseillers principaux d’éducation, en partenariat avec l’AROEVEN de Bourgogne, les CEMEA, et la revue « Diversité » du SCEREN / CNDP.

180 participants, conseillers principaux d’éducation (CPE), enseignants, chefs d’établissements, inspecteurs, éducateurs, étudiants sont venus de toute la France pour écouter, échanger et réfléchir ensemble sur ce thème très actuel. Car aujourd’hui, c’est vrai, les jeunes sont de plus en plus souvent victimes de ruptures. Elles peuvent être multiples : rupture scolaire, familiale, sociale, culturelle…. et elles laissent bien souvent l’entourage de ces adolescents impuissant. Plus que jamais les adultes, parents et éducateurs, ont à s’interroger sur ce phénomène et ses origines.

Durant ces journées, de nombreux intervenants, venus de divers horizons, se sont exprimés : institutionnels, universitaires, sociologues, psychologues, enseignants IUFM, élus, parents d’élèves, professionnels de l’éducation... Les uns et les autres ont apporté leur contribution pour tenter de mieux définir le concept de rupture, en identifier les causes et en repérer les symptômes. Ils ont aussi tenté d’ouvrir des pistes de réponses face à ces nouvelles dérives scolaires.

Que l’école s’interroge aujourd’hui sur ces ruptures ne surprend pas, car l’ampleur du phénomène ne peut que l’alerter. Ce qui surprend davantage, c’est que ces décrochages scolaires interpellent l’école sur ses propres pratiques : le système scolaire, paradoxalement, se trouve être en effet lui-même à l’origine de certaines ruptures, en contradiction totale avec sa mission d’insertion. Une conférence de Delphine Martinot (1), universitaire et auteur du livre « le défi éducatif », appuyée sur les travaux de la psychologie sociale, l’a fort bien mis en évidence : « l’image de soi » de l’élève joue un rôle fondamental dans ses apprentissages scolaires. Que cette image soit positive et l’élève surmontera beaucoup mieux les difficultés qu’il rencontre, qu’elle soit négative, c’est alors l’inverse qui se produit. Or cette image de soi se construit dans la relation de l’élève à l’enseignant et elle est directement liée au rôle et à l’importance que ce dernier attribue à l’évaluation des performances de l’élève...

Pour expliquer ces ruptures, l’école n’est pas la seule en cause : Un contexte familial perturbé, un milieu social défavorisé constituent aussi des terreaux propices aux décrochages des adolescents. Maryse Esterle-Hédibel (2), sociologue, enseignante en IUFM , dans une intervention intitulée « Jeunesse, école et précarité » l’a clairement établi : De nombreux jeunes et leurs familles se trouvent confrontés au décalage entre une vie quotidienne marquée par la précarité et les exigences de la scolarité… Certains n’y résistent pas.

Troisième éclairage, celui de Bernard Pechberty universitaire et psychothérapeute (3). Selon lui, l’espace du soin nous éclaire sur le décrochage scolaire, qui concerne aussi bien la socialisation, le « vivre-ensemble » à l’école que l’apprentissage des savoirs et leur appropriation. Et le terrain scolaire est propice à de nombreux débouchés pour l’angoisse et la souffrance psychique individuelle dans lesquelles se trouvent certains adolescents.

Ces différents apports ont permis à l’assemblée de mieux saisir la réalité et la complexité des phénomènes de rupture. Les échanges et les débats qui ont suivi au sein des tables rondes ont mis en évidence l’urgence qu’il y a aujourd’hui à faire tomber les murs de l’école pour échafauder des réponses concertées entre partenaires internes et partenaires externes. Mais les témoignages recueillis parmi les participants dans les différents ateliers ont aussi révélé qu’ici et là, sur le terrain, le monde scolaire s’adapte à cette nouvelle et difficile réalité. En explorant des pistes de réponse et en les expérimentant, il démontre ainsi sa capacité à s’adapter et à innover. Une belle façon de clore ce colloque sur une note encourageante.


Jean-Guy Lebeau
Président de l’’ANCpE

(1) Delphine MARTINOT est maîtresse de conférence en psychologie sociale à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. Elle est membre du laboratoire de psychologie sociale et psychologie cognitive (LAPSCO. UMR CNRS 6024)

(2) Maryse ESTERLE-HEDIBEL, sociologue, est maîtresse de conférence à l’IUFM du Nord / Pas De Calais. Elle est chercheuse au centre d’études sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP / CNRS)

(3) Bernard PECHBERTY est maître de conférence en psychologie clinique et éducation à l’université Paris V. Il est membre du laboratoire « éducation et apprentissage ».

Les actes du colloque « Jeunes en rupture » sont disponibles à partir de Juin 2005 au prix de 14 euros, port compris. Commandes à adresser avec le règlement à :
Stéphan KRECINA,
ANCpE, Cour Dormy,
71 250 SALORNAY / GUYE.

Attention : Les actes du colloque paraissent dans un numéro double de la revue « Conseiller d’éducation » (le n° 156 de juin 2005). Tous les adhérents et abonnés à l’ANCpE les recevront donc automatiquement.

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