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Mensonge de l’élève et bienveillance

mercredi 7 octobre 2020, par Stéphane GOUDET

Les élèves qui mentent peuvent nous poser de grands défis car nous avons tous à cœur d’accompagner des élèves dignes de confiance et dotés d’un sens de la responsabilité individuelle. Plus nous accordons d’importance à la valeur de confiance, plus nous serons touchés par les mensonges des élèves et donc susceptibles d’avoir des réactions vives. C’est ainsi important de d’abord reconnaître à quel point la confiance, le sens de la responsabilité et l’éthique sont des valeurs importantes pour nous et ce que les élèves qui mentent viennent ébranler en nous.

Les motivations “positives” du mensonge

Les mensonges des enfants ont plus souvent à voir avec le jeu et l’envie de plaire aux parents, et les adultes en établissements (et ne pas les décevoir) plutôt qu’avec de la manipulation ou qu’avec un manque de fiabilité.
Le mensonge peut être une stratégie d’évitement , de protection vis à vis d’un risque ou d’une menace ( la punition) ou un conflit de loyauté avec ses pairs (ne pas être une" balance "). Ainsi, le mensonge peut être induit par la manière de poser des questions par les adultes. Si l’enfant perçoit une menace dans la manière dont un adulte s’adresse à lui (par exemple, si l’adulte pose une question avec un ton dur ou adopte une tournure interronégative sous entendant qu’il connaît très bien la réponse), l’enfant va avoir peur et par instinct chercher à se protéger. L’immaturité peut favoriser cette posture.

De même,certains élèves peuvent mentir pour jouer (juste parce que c’est amusant de s’embarquer dans des histoires rocambolesques) ou par ennui (c’est une manière comme une autre de passer le temps) ou encore par besoin d’attention (et donc de relation).

Comprendre les motivations internes des mensonges des enfants aide à adopter une attitude respectueuse et constructive (qui va “construire” des compétences relationnelles et le sens de la responsabilité individuelle).

Comment réagir avec bienveillance face au mensonge ?

Selon les motivations détectées de l’enfant qui ment, plusieurs réactions sont possibles comme :

-décrire ce qu’on voit et formuler une demande plutôt que poser des questions dont on connaît déjà la réponse (parce que poser ce type de question est une forme de manipulation qui va déclencher de la peur chez l’enfant et que c’est en soi une forme de mensonge puisqu’on prétend ne pas savoir quelque chose qu’on sait pourtant déjà)

- ne pas traiter l’enfant de menteur parce que les étiquettes ont tendance à se renforcer et devenir des réalités fixes sous l’effet de la prophétie auto-réalisatrice

-rappeler l’importance de nos valeurs et notre besoin de pouvoir faire confiance à l’élève dans un langage clair (“C’est important pour moi de…/ J’ai besoin de confiance”) sans menace ni drame

- établir des relations respectueuses de manière générale pour que l’élève n’ait pas besoin de mentir pour se protéger (d’une punition par exemple)

- creuser les raisons sous-jacentes et motivations positives du mensonge (l’élève est-il en train de protéger quelqu’un d’autre ? s’ennuie-t-il ? a-t-il peur des réactions de telle ou telle personne ?). Cette étape passe par une reconnaissance des émotions de l’élève

-refléter à l’élève ses besoins implicites nourris par le vol (par exemple) ou le mensonge (ex : « Veux-tu que ton copain (propriétaire de l’objet volé) joue plus souvent avec toi ? » ou « Est-ce que tu aurais aimé avoir un jouet comme celui que tu lui as pris ? », ou encore « A-t-il été méchant avec toi et tu voulais te venger ? », « A-t-il plus amis que toi et tu avais envie de le faire souffrir ? »)

- faire preuve de gratitude pour les révélations de l’élève (“merci de te confier à moi/ ça a dû te rendre tellement triste/ c’est vrai que c’est décourageant/ tu aurais tellement aimé avoir au moins la moyenne à ton contrôle de maths…“). Reconnaître la valeur de la vérité

- trouver des solutions si la situation en requiert (ex : rendre un objet volé). Cela peut se faire à l’aide de questions (« comment faire en sorte de… ? », « Essaie de trouver 3 solutions pour… ») et de représentation des sentiments du propriétaire (« à ton avis, comment s’est senti X ? de quoi aurait-il besoin ? »).

Source : https://apprendreaeduquer.fr